Au détour d’une ruelle, l’hôtel Idol nous ouvre ses portes pour cette nouvelle interview. Lumière tamisée, décors glamour et cosy aux couleurs mauves, dorées et noires, nous voilà bien installée pour commencer.

Bonjour Singuila, avant de commencer l’interview, j’ai envie de te demander comment vas-tu ?

Ça va bien merci, et d’ailleurs bonne année à tous !

On va faire un petit résumé de ton parcours. Tu étais dans un groupe de rap, les Psyché.
Mais l’appel du R&B a été plus forte.
En 2003, ta carrière solo décolle avec ton premier album « On ne vit qu’une fois ».
Tu fais un carton avec entre autre « Aïcha » et « C’est trop ». Vient ensuite, 2006 avec la sortie de ton deuxième album et c’est de nouveau un succès avec les titres en tête du classement « Le temps passe trop vite » et « Ma nature » 3 ans après, un nouvel album avec la célèbre musique « J’suis KO » en featuring avec
Marc Antoine. Puis, il a fallu attendre 8 ans pour un nouvel album mais aussi pour te revoir à la télé car tu as été jury à The Voice Afrique francophone.

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Singuila – Il fallait que je testes différentes choses artistiquement. Je suis comme une éponge, j’ai besoin de vivre certaines choses pour pouvoir raconter une histoire. Tout n’est pas basé que sur la musique. Les textes ont une grande importance et je pense que c’est ça que les gens aiment, ils peuvent se reconnaître à travers mes paroles.
Et en ce qui concerne The Voice, c’était une superbe expérience, j’ai fait deux saisons. Dans la deuxième saison, nous sommes allés jusqu’en final avec mon talent qu’aujourd’hui je produis. Je me suis donc lancé dans la production depuis plus d’un an.

Tu as bercé toute une jeunesse dont la mienne avec tes célèbres chansons de loveur. Et à travers tes musiques, on a connu un Singuila plein d’amour mais aussi
de doutesAlors qui est Singuila aujourd’hui ?

Singuila – Le personnage de Singuila a évolué. Tu sais dans la vie, que ce soit en amour ou autre, on en apprend tous les jours. Donc certainement que je me suis assagi sur certains points et d’autres ou au contraire, j’ai craqué. Mais ce que je peux dire c’est : il faut écouter l’album ! Dedans j’explique un peu ce qui s’est passé ces dernières années, avec d’autres thèmes dont je n’ai pas forcément parlé. Certains pourront se reconnaître. Toutes mes chansons, sont des histoires vécues. Parfois par mes proches, d’autres par moi-même. En tout cas, je fais en sorte de bien maîtriser le sujet avant d’écrire.

2019 tu as sorti une trilogie avec le dernier titre « l’amour ne suffit pas », une suite d’histoire qui montre que l’amour c’est quelque chose de complexe. Tu peux nous en
parler ?

Singuila – C’est une histoire que je raconte à travers 3 chansons. Parmi ces trois musiques, il y en a
deux en featuring, une avec Koffi Olomidé et l’autre avec Hiro. C’était important pour moi d’avoir ces deux artistes que j’apprécie et de différentes générations. À travers cette
trilogie, j’ai voulu montrer les différentes couleurs et mélodies de la musique Afro. Et c’est surtout une mise en bouche pour le prochaine album !

Quand sort ce nouvel album ?

Singuila – Il arrive en mars 2020
C’est un album Afro, mais souvent, lorsque l’on entend « Afro » en France, on pense à l’ « Afro-beat » ou l’ « Afro-trap ».
Oui c’est vrai, parfois qu’en tu écoutes certaines personnes il n’y a qu’un seul pays en Afrique. L’Afrique c’est différents pays, donc forcément, différentes cultures et différentes sonorités. C’est pareil qu’ici, la musique traditionnelle française n’est pas la même que celle d’Espagne ou d’Angleterre. Et Afrique, ça peut se traduire avec une manière de jouer un instrument ou de chanter une mélodie, totalement différemment. Par exemple, dans le titre « la femme de quelqu’un », c’est de la rumba congolaise, alors que dans d’autres titres, ça sonne plus « ouest africain ». Dans l’album, il y a même des musiques arabisantes, car on oublie souvent que le Magreb fait parti de l’Afrique aussi. Il faut mettre en avant la richesse culturelle de ce beau continent. On voyage !

L’amour est le thème principal de tes musiques, pourquoi t’inspires-tu aussi souvent de l’amour et des relations homme et femme ?

Singuila – Un cardiologue, ça soigne les coeurs, un podologue ça soigne les pieds… Moi, je suis un médecin de l’amour donc je reste dans mon rôle ! Ça met tombé dessus, je n’ai pas de réelles explications. Après, dans certains de mes textes, je parle aussi d’autres faits sociaux, donc il n’y a pas que de l’amour, mais ça reste mon domaine de prédilection ! Je voulais mettre en avant le travail remarquablement soigné de ces trois derniers clips, que ce soit au niveau de l’univers, des couleurs et de l’atmosphère qui s’y dégage. detail-lobby-1-idol-hotel-paris_0

D’où sont venus ces choix visuels ?

Singuila – Sur chaque projet, il faut apporter quelque chose de frais et de différent. Et sur ce projet là, j’ai déjà voulu apporter un univers Afro, que ce soit au niveau des couleurs, du maquillage ou des danses. J’ai donc clipé dans différents pays Africains. Après, c’est de la logique, comme mon album sera au couleur de l’Afrique, il était normal que le visuel suit la même trajectoire. Et tout ça, c’est possible grâce à mon équipe en qui je fais confiance depuis plusieurs années.

Quelles sont tes autres inspirations ?

Singuila – J’ai beaucoup d’inspirations. On parlait de style, du visuel et justement j’ai ce petit côté « sapologue ». J’aime beaucoup, c’est un art ! Tu retrouves des sapologues un peu partout dans le monde, dans des défilés, dans des fashion week, même au Japon ! Ça fait parti de notre culture. Je mise sur le côté culturel.

Pour revenir à la trilogie, pourquoi revenir en 2020 ?

Singuila – Je n’ai jamais arrêté en vrai. J’ai fait des scènes par exemple, mais il y a un moment où
juste chanter quelques chansons à gauche et à droite ça ne suffit pas. On m’a fait remonter l’information que sortir un album ça a plus de poids dans ce milieu artistique.
C’est plus structuré et c’est plus pertinent pour faire passer des messages.
C’est vrai qu’aujourd’hui tout va très vite. Il y a tellement de nouveaux artistes, de
nouveaux sons chaque mois, que c’est devenu plus compliqué de se démarquer.

On va maintenant parler du Singuila en dehors de la musique.
Tu es né en France à Suresnes, mais tu as passé une bonne partie de ta vie au Congo et plus précisément à Brazzaville.

Singuila – Je suis né à Suresnes mais c’est à Boulogne que j’ai grandi. Mais oui, j’ai vécu au Congo et aussi en Centre Afrique. Je suis retournée à Boulogne et au Congo mais les problèmes de la guerre m’a un peu forcé à revenir en France. Après, je n’ai pas passé toute ma vie en Afrique mais assez pour m’imprégner des différentes cultures.

En 2013, tu es devenu le parrain de l’association « World for Tchad« .
Singuila, artiste engagé ? On peut le voir sur ton compte instagram, tu es souvent en déplacement dans divers pays d’Afrique, tu aides les populations et associations
sur place.

Tu veux nous en parler ?

Singuila – Je participe beaucoup à des aides humanitaires. Et pour « World for Tchad », j’étais un de leurs ambassadeurs. La cause qui me tient le plus à coeur, c’est d’aider les enfants. Par exemple, en décembre 2019, j’étais au Cameroun. Je suis partie dans différents orphelinats pour faire des dons, pour poser des questions et surtout, demander ce qu’il y a à faire. J’ai également fait de l’humanitaire au Congo, en Côte d’Ivoire ou encore au Gabon. En fait, dès que je dois me déplacer dans un des pays d’Afrique, j’essaye de m’approcher d’associations pour aider. C’est important de se déplacer. Après, lorsqu’on ne peut pas, c’est aussi formidable de pouvoir faire des dons, mais moi j’ai l’occasion de voyager alors c’est intéressant d’aider et de participer.

Hormis l’humanitaire, as-tu eu d’autres projets en dehors de la musique ?

Singuila – Comme je l’ai dit, je suis producteur donc déjà je vais sortir le projet de mon artiste « Phil ». Après, je suis en recherche d’artistes à produire, trouver de nouvelles pépites et pousser la prochaine génération à se lancer !

Pour finir, on va s’amuser !
Avec toutes ces années d’expériences à parler d’amour, tu es un peu comme les Hitch français. alors je vais te poser quelques questions et tu vas donner des conseils !

Alors selon toi,
Lorsqu’on s’attache à une personne comment lui faire comprendre que l’on veut plus ?

Singuila – Il faut être assez clair et ne pas tourner autour du pot. Après, il faut choisir les bons mots IMG_9650 et ne pas y aller comme une brute ! Il ne faut pas faire peur à la personne mais il ne faut
pas hésiter.

C’est quoi être amoureux ?

Singuila – Wooaw. C’est compliqué… Si moi aujourd’hui, je te donne la réponse de c’est quoi l’amour !? Chacun à sa définition, son ressenti. Être amoureux, c’est penser qu’on ne peut plus se séparer d’une personne.

Que faut-il faire pour garder la flamme dans un couple ?

Singuila – Déjà, il faut prendre soin de soi en premier. Avec le temps qui passe, ça peut arriver de faire moins attention à l’image qu’on donne à la personne qui est en face. On peut être décontracte sans pour autant se laisser aller. L’amour c’est un challenge de tous les jours.

Et derrière question qui pique un peu : Où est la limite de la tromperie ?

Singuila – Déjà tout ce qui est physique c’est tromperie. Après, si tu tombe sur un message avec des intentions… c’est une sorte de tromperie aussi. En tout cas, c’est un départ… C’est le départ de l’incendie !
Mais la vraie question c’est : « qu’est-ce qui est condamnable et qu’est-ce qui ne l’est pas
? » Ça depend de chacun. Il y a des gens qui ont un coeur plus fragile et d’autres qui ont un coeur plus en paix. Comme, certains sont plus tolérants que d’autres. Chacun a ses limites, il faut juste être soi-même et accepter de vivre avec les forces et les faiblesses des autres.

Le mot de la fin ?

Singuila – Allez acheter l’album ! C’est un album qui raconte plusieurs histoires. Il y a des beaux artistes et musiciens qui m’accompagnent. C’est un album qui s’écoute bien évidemment, mais également qui se lit aussi. Mes textes sont un peu comme une poésie, je m’applique beaucoup dans l’écriture.

Merci Singuila d’avoir participer à cette interview !

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef et fondateur du média (Réalisateur, monteur, photographe…)

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